« Résumé » à chaud du GP d’Imola

« Bwoah. » dirait Kimi. Et ça serait exactement mon ressenti. Sitôt le circuit sec il a montré tout son potentiel : aucun intérêt. Le seul endroit où les pilotes peuvent doubler étant la ligne droite de départ/arrivée, au DRS. Alors oui, les limites de la piste plutôt explicites, via de l’herbe et des bacs à graviers, ça c’est sympa et c’est certainement ce qui manque à beaucoup de circuits !

Mais en dehors de ça, et bien décidément non. Peut-être en 2022 quand les voitures pourront se suivre en virages, et encore ça reste étroit donc j’ai de sérieux doutes là-dessus.

Bref, attaquons le résumé !

Il pleut !

Car oui, il a plu assez fort juste avant le départ, sur une partie seulement du circuit, et les gouttes ont continué pendant quelques tours, le circuit est froid et ça se voit. Pendant le tour de mise en grille puis dans le tour de formation on a droit à quelques petites fautes, le départ promet !

Et bien finalement non. Verstappen saute de la troisième à la première place, il semble avoir appris depuis son départ tout en burn en Turquie. Son tassage d’Hamilton -qui perd un bout d’aileron au passage- au premier virage aidant.

Pour les autres pilotes il n’y a pas l’air d’y avoir de problème (sauf Sainz qui nous gratifie de quelques tout-droit), on notera que Tsunoda gagne 6 places et les deux Alfa chacune 4, Leclerc passe P3 en partant P4.

Et paf, safety-car !

On a donc droit, comme très souvent sur piste humide, à une safety-car pendant le premier tour. Latifi qui sort du bac à graviers et qui ne voit pas venir Mazepin, et Latifi qui finit dans le mur. Petit moment de suspens avec Mick Schumacher qui fait un joli tête-à-queue juste au niveau de la sortie des stands et y laisse son aileron. Il devra donc faire un tour sans aileron avant avant de pouvoir rentrer aux stands pour en mettre un tout neuf.

Mais c’était sans compter sur la fermeture de l’entrée des stands, à cause dudit aileron qui gêne la sortie de ceux-ci !

On a donc Mick qui fera deux tours complets de circuits avant de pouvoir remettre à neuf sa Haas, toujours sous safety-car, heureusement pour lui.

Les wets ne marchent pas, Vettel non plus, Alpine pas mieux.

Au fur et à mesure que les tours s’égrènent le pauvre Pierre Gasly perd des places, une à une, jusqu’à se faire dépasser par Russell qui, tout magistral pilote qu’il est, roule tout de même une brouette. On retrouve donc Gasly P11, l’un des seuls en wets alors que presque tous les autres sont en intermédiaires. Puis Pierre tombe P12, doublé par son coéquipier et rookie Tsunoda.

On a au milieu de tout ça une annonce importante, très importante même : Perez a une pénalité de stop and go de 10 secondes, la plus grosse sanction possible en dehors de la disqualification si je ne m’abuse. (EDIT !!! je ne m’abuse effectivement puisque Kimi a eu droit à 30 secondes de pénalités après la course, qui sont en fait 10 secondes de stop and go, mais la course étant finie ça se transforme en 30 secondes brutes) Il était sorti dans les graviers sous safety-car, et a doublé sous la même safety-car pour reprendre sa position… Ce qui est strictement interdit bien sur.

Sur circuit humide, au tour 14, on a donc les deux Haas, les deux Alpine, Vettel, les deux Alpha Tauri, les deux Alfa Romeo, Russell, Stroll, Sainz, les deux McLaren, Perez (qui n’a pas encore pris sont stop and go), Leclerc, Hamilton et Verstappen. Du dernier au premier vous l’aurez compris.

En tant que français c’est d’une tristesse de voir la seule écurie française à l’agonie, et un pilote qui nous a prouvé être capable de gagner loin dans le peloton, à la défaveur d’un mauvais choix de pneus par contre, c’est à peine rassurant.

Passage en slicks

Au fur et à mesure que le circuit sèche, le premier à ouvrir le bal du passage en slick sera Vettel, au tour numéro 22.

Il faudra attendre le 27ème pour voir Max s’engouffrer dans la voie des stands alors que Lewis était remonté très fort sur lui.

Un tour plus tard il rentre aussi, bien sur, pour ressortir à 5,5 secondes de Verstappen, à cause d’un pit en 4 secondes quand celui chez RedBull n’en aura pris que 2,2.

A ce moment de la course on a Russell en P10, dans les points ! Plus qu’à espérer que son chat noir ne se montre pas, vu qu’il a toujours un problème dès qu’il est prêt à marquer des points (spoiler alert : le chat noir se montrera…).

Au début du 31ème tour, le DRS est autorisé et Bottas se fait prendre un tour !

On pense fort à Benoit Paire

Non pas que je l’apprécie mais on a je pense tous entendu sa phrase (« la chaaaaaaaatte ! ») face à Nishikori en 2019 à Rolland-Garros. Une phrase pleine de fair-play et de lucidité comme il sait en faire preuve, mais qui résume tout le bien que je pense de Lewis sur ce Grand Prix.

Tour 31, les caméras se braquent sur Hamilton, en perdition dans les graviers, qui va fracasser son aileron dans le mur et qui n’arrive pas à ressortir… Ha ben si. Et tant qu’à faire, on nous annonce une safety-car (j’y reviens au paragraphe suivant !), donc on a Lewis qui était à un poil de… de ce que vous voulez de l’abandon, qui perd finalement beaucoup moins de temps que prévu à passer dans les stands pour réparer.

Le chat noir, encore.

Cette safety-car, c’est à cause de l’arrivée du chat noir de Georges. Il était P10, dans l’aspiration de Bottas à l’entame du tour 32, il se déporte à droite de la piste sauf que le génie finlandais décide qu’il n’y a pas la place pour deux et tasse Russell sur l’extérieur. La piste est en majorité sèche, mais pas les bandes blanches et encore moins l’herbe, ça sera fatal à Georges qui y pose une roue et qui finit avec sa monoplace à la perpendiculaire de celle de Bottas. Les deux sont out.

Bottas braille qu’il n’y avait pas la place pour deux, c’est la faute de Russell, blablabla. Au vu du festival de dépassements au même endroit par la suite, on sait tous que le finlandais est en faute. A l’heure où j’écris ces lignes on n’a pas encore la décision de la FIA sur le sujet.
EDIT !!! Aucune pénalité de la FIA pour cet accident, le consensus donnerait plutôt la faute à Russell, ou à un 50-50. Ma mauvaise foi donne raison à 70% à Georges.

On assiste aussi à un class-act de Russell qui va s’enquérir de l’état de Bottas, qui ne sort pas de sa monoplace. Et qui le gratifie d’un geste très élégant (un beau majeur levé).
EDIT !!! Si Georges est allé s’enquérir de l’état de Valtteri, il lui a aussi demandé s’il voulait les tuer tous les deux…

Vous êtes ici sur un blog (le meilleur en plus !), tout est donc subjectif, et je ne me retiendrai pas de souhaiter que ce cher Valtteri continue ses prouesses en qualifications (P8 pour rappel…), histoire que sa place soit gracieusement donnée à Georges pour 2022.

Drapeau rouge et reprise sur le sec.

Tout est dans le titre, l’accrochage entre Bottas et Russell nous gratifie d’un drapeau rouge, et d’une relance quelques minutes plus tard derrière safety-car.

Dans le tour de chauffe Kimi part à la faute, ce qui offre une place à Lewis, comme si son talent (ou sa chance. Ou les deux.) en avait besoin. Verstappen glisse aussi, mais ne perd pas de place.

A la relance on a un Lando incisif qui arrive à se caler à la deuxième place, Leclerc à la troisième… et Sainz à la cinquième !

Perez part à la faute, une place gratuite pour Hamilton  et P3 et P4 pour les deux Ferrari !

On baille.

Hamilton est donc déjà P5 au 42ème tour sur 63 prévus.

Puis il mange Carlos Sainz. Pendant quelques tours Charles Leclerc résiste, à la faveur du DRS qu’il a sur Norris (qui profite quant à lui de son moteur Mercedes, qui développe à priori un puissance bien plus important que le bloc Ferrari).

Et puis finalement Hamilton passe P3, butte quelques tours sur Norris jusqu’au tour 57 ou Lewis prend la 2ème place. Lui qui était à deux doigts d’abandonner, puis de finir au fond du peloton. Et bien non. P2. Et Max est très loin devant, donc tout est plié.

On a droit à un tête à queue de Mazepin, et un abandon de Vettel dans le dernier tour. Encore un qu’on ne verra certainement plus en 2022.

Classement final

EDIT !!! Après quelques pénalités distribuées après la course, on obtient le classement suivant (en gras les nouvelles positions) :

  1. Verstappen (bon… ça change d’Hamilton on va dire)
  2. Hamilton (non rien…)
  3. Norris (elle est là la bonne nouvelle !)
  4. Leclerc (elle est là l’autre bonne nouvelle, Ferrari 4 et 5 !)
  5. Sainz
  6. Ricciardo
  7. Stroll Gasly
  8. Gasly (qui espérait évidemment mieux) Stroll (5 secondes de pénalité pour avoir conservé la place gagnée sur Gasly en sorti hors des limites de piste)
  9. Raïkkönen Ocon
  10. Ocon (merci les abandons) Alonso (et le premier point de son retour)
  11. Alonso (pareil) Perez
  12. Perez (décidemment…) Tsunoda
  13. Tsunoda Raïkkönen (30 secondes de pénalité !)
  14. Giovinazzi
  15. Vettel (alors qu’il n’a pas fini il apparaît au classement plus haut que les deux Haas qui terminent un tour derrière)
  16. Schumacher
  17. Mazepin
  18. Bottas
  19. Russell
  20. Latifi

Par rapport à mon « pronostic » d’hier, on a donc Alpha Tauri qui perd une occasion de plus de marquer des gros points. Encore 21 GP (normalement…) cela dit, rien n’est encore joué !

Malgré les rebondissements nombreux pendant la première moitié de Grand Prix, vous aurez certainement pu voir que la course ne m’a pas enthousiasmée. Aux deux premières places rien ne change, juste l’ordre. La réussite de Lewis est toujours bien présente, le manque de chance de Russell aussi. Pour moi et au vu de ces deux premières courses le seul intérêt réside dans le combat Ferrari vs. McLaren. J’espère que l’avenir me donnera tord d’être pessimiste !


Bisou.