La Formule 3 FIA, Arthur Leclerc et bien d’autres.

Si vous suivez de près l’actualité de la monoplace je ne vais pas vous apprendre grand chose sur ce coup-là, Arthur Leclerc est le petit frère du meilleur pilote du monde de Charles, et il va faire ses premiers pas en compétition internationale ce weekend, à Barcelone, en Formule 3 FIA.

La Formule 3 FIA, qu’est-ce que c’est ?

Pour faire simple, la plus belle fenêtre du sport automobile, le Graal pour les pilotes est la F1, ça c’est acquis, n’en déplaise aux amoureux de la WRC (dont je fais partie aussi) ou du WEC.

Ces autres disciplines ne sont pas des sous-disciplines, loin de là, et ça aussi c’est acquis ! Toujours est-il que la F1… Et bien c’est la F1. Les moyens faramineux, la technologie folle (même si en LMP1 ce n’est quand même pas SI éloigné), la médiatisation ET la présence internationale…

Bref, j’ai déjà commencé à paraphraser. Retournons à la F1, l’objectif absolu de -presque- tous les pilotes. Mais ce n’est accessible qu’à 20 chanceux et talentueux (si si, ils le sont tous malgré tout) parmi eux sans compter les pilotes de réserve, qui ont pour la plupart un calendrier bien chargé dans une autre discipline (Alex Albon qui roule en DTM, ou Stoffel Vandoorne en Formule E par exemple).

La voie royale donc, pour accéder à la F1 étant… La F2. Pour accéder à la F2 le trajet classique est la F3 internationale, à laquelle on accède généralement par la F3 régionale, après avoir roulé en F4, qui elle-même arrive tout juste après le karting.

D’autres parcours sont bien sûr possibles, comme pour Pierre Gasly qui est passé par la Formule Renault 2.0, la Formule Renault 3.5, le GP2 (l’ancien nom de la Formule 2, comme GP3 est l’ancêtre de la Formule 3), la Super Formula et même… la Formule E (le pendant électrique de la F1), mais plus les années passent plus les structures sont en place et plus le parcours est normalement direct jusqu’à la F1… à la condition expresse d’être talentueux au volant évidemment, mais c’est loin d’être suffisant.

Appartenir à une académie de pilotes est une des pistes qui aide un jeune avec un bon coup de volant à devenir un vrai pilote complet, capable de se battre en peloton, de dialoguer avec son écurie, de réfléchir et pleins d’autres caractéristiques nécessaires à son ascension. Le compte en banque bien garni, avec ou sans l’aide de -généreux- sponsors étant l’une des autres conditions sine qua non.

J’oubliais que j’avais prévu de vous expliquer ce qu’est la F3… Vous l’aurez compris, c’est l’antichambre de l’antichambre. Dans les faits ce sont 30 voitures identiques, avec un moteur V6 3,4L atmosphérique de 380 chevaux pour 673kg précisément, conduites par des pilotes ayant -en gros- de 17 à 20 ans, et ils ont 3 courses par weekend, pendant lesquelles il n’y a qu’un choix de pneu disponible et pas d’arrêt aux stands.

Alors qu’il est bon de rappeler que si la F2 vient de passer à un format de 3 courses par weekend elle aussi, il y’a deux courses sprint sans arrêt aux stands obligatoire et une course principale pendant laquelle un arrêt est obligatoire, avec changement de gomme. Les F2 restent toutes identiques entre elles par contre, avec un moteur V6 3,4L aussi, mais turbocompressé cette fois-ci, pour une puissance de 620 chevaux et une masse de 755kg. Et des pneus de 18″, qui arriveront en F1 l’année prochaine.

Ha oui, et la F1 a une seule course (bon… une course  qualification sprint va s’inviter sur 3 weekends cette année, j’y reviendrai) par weekend, des pneus de 13″ (pour l’instant), un arrêt aux stands avec changement de gomme obligatoire (sauf par temps de pluie), et surtout… elles sont toutes différentes entre elles et c’est bien pour ça que contrairement à la F3 et la F2 où il est rare qu’un pilote occupe systématiquement le podium ou la dernière place, et bien c’est monnaie courante en F1. Et donc les F1 ont un moteur V6 turbocompressé, auquel s’ajoute une unité de puissance électrique pour un total qui tourne aux alentours de 1000ch, et une masse de 752kg minimum.

En gros, de la F3 à la F1 les voitures deviennent plus puissantes, plus poussées, plus technologiques, plus complexes et les choses auxquelles le pilote doit prêter attention en course augmentent. En F3 il n’y a à peu près aucune stratégie, c’est la course pure du début à la fin. On retrouve à peu près la même chose pendant les courses sprints en F2, tandis qu’en courses principales de F2 et encore plus en F1 vont s’ajouter un gros travail de gestion des pneumatiques, de la batterie et de sa restitution d’énergie, de l’essence, etc, etc…

Et c’est parti !

BREF, la F3 FIA est l’anti-chambre de la F2 FIA, elle-même l’anti-chambre de la F1 (FIA toujours, pour Fédération Internationale de l’Automobile).

Et le plus beau dans tout ça, c’est que la saison 2021 commence ce weekend, à Barcelone !

Vous savez pourquoi ça m’intéresse ? C’est simple : les courses sont hyper serrées, les voitures sont équipées de V6 atmosphériques (comprendre : ça jappe), et certains pilotes seront certainement en F1 dans deux ans s’ils sont exceptionnellement doués (et avec de la chance), quelques années plus tard sinon.

Les pilotes à suivre.

Alors, entendons-nous, « à suivre » c’est de mon point de vue, comme toujours.

On aura donc sur la grille un Schumacher, encore un, le cousin de Mick (et donc le fils de Ralf, frère de Michael, vous suivez ?) : David. C’est sa deuxième saison en F3 FIA, et on peut dire qu’il est loin d’avoir excellé l’an passé avec une 28ème place finale…

On aura également un retour en fanfare, en la personne de Juan Manuel Correa, un des pilotes impliqués dans le crash meurtrier de Spa 2019 en Formule 2, qui a coûté la vie à un des plus grands espoirs français qu’était Anthoine Hubert (un moment d’hommage pour lui, merci…).

Pour en revenir à Juan Manuel, il a quant à lui eu de multiples fractures aux jambes ainsi qu’une lésion à la colonne vertébrale, avant d’être placé en coma artificiel, etc… Bref, il a subi du glauque et revient cette année en compétition !

On revient à des notes plus sympathiques, avec une belle moisson tricolore pour cette saison de F3, avec pas moins de 4 pilotes en lice : Reshad de Gerus, Clément Novalak, Pierre-Louis Chovet et Victor Martins ! Je mets une pièce sur Pierre-Louis pour ma part.

Mais celui que j’attends avec plus d’impatience encore, parce-que je suis un fanboy de Charles Leclerc vous aurez commencé à le comprendre, c’est son frère Arthur, fraichement sorti de F3 régionale où il termine 2ème, et propulsé dans l’équipe qui a écrasé la concurrence en 2020 : Prema Racing (car oui, les monoplaces ont toutes le même moteur et le même châssis, mais les réglages et la manière de les exploiter sont différents. Très différents).

Je le place premier rookie (c’est sa première année dans cette série de courses) à la fin de la saison, et en F2 l’an prochain en tout cas. On verra.

Les qualifications qui donnent… pas encore raison ?

Mouais bon. Disons qu’on va attendre la course. Et celle d’après. Et celle d’après.

Si on ne garde que les rookies, on a quand même Victor Martins qui se qualifie premier, et Arthur Leclerc cinquième.

En remettant tout le monde à sa place, et bien Victor se classe là aussi très bien, avec une troisième place, quand Clément se place en septième position, Juan Manuel en treizième, Arthur en quinzième.

Rendez-vous demain pour les deux premières courses. Et dimanche pour la troisième (car oui, la F3 a ça de fabuleux qu’ils font trois courses par weekend).

Bisou.