Performance IndeX – PIX – #0

Constat de départ

Voilà un point qui me trotte dans la tête depuis un long moment déjà, et ça part de deux constats.

Le premier est de lire des articles, d’entendre des commentateurs dire « ha ben la RedBull semble mieux marcher que la Mercedes », « des évolutions ont été apportées chez Aston Martin », « il va falloir surveiller les potentielles chutes de performance, ça sera un bon indice sur quelle équipe à lâché 2021 pour se concentrer sur 2022 ».

Rien n’est clair, ce ne sont que des ressentis et rien n’est plus malléable par l’accumulation de lectures et d’écoutes qu’une opinion, surtout quand on se fie à « ceux qui savent ».

Le second constat est l’extrême opposé : la série de jeux F1, qui présente un graphique au cours de la saison représentant les performances théoriques de la voiture.

C’est hyper clair, totalement objectif mais.

Le facteur humain

Mais il manque le facteur humain. Je me surprends à dire ça mais c’est pourtant la stricte vérité. Si on mettait le même graphique sur les écuries de F2 ou F3, toutes les écuries seraient au même niveau, et progresseraient avec les mises à jour châssis, moteur ou aérodynamique.

Et pourtant, si les écarts sont faibles entre les voitures sur la piste, il y’a bel et bien certains pilotes, certaines écuries ou les deux en même temps qui surnagent si un excellent pilote se retrouve dans une excellente écurie (coucou Charles Leclerc chez Prema en 2017, ou Georges Russell chez ART en 2018, ou même Alex Albon chez DAMS en 2018 lui aussi).

Alors d’où ça vient ? Les pilotes évidemment. Si depuis le génie (alerte second degré) Mahaveer Raghunathan la FIA prête une attention particulière à la qualité du plateau, ce qui sous-entend que tous savent piloter, il y’avait, il y’a et il y’aura des disparités de niveau, entre ceux qui sont à 100% de leurs capacités pour décrocher une place en queue de peloton et ceux qui savent accrocher le podium à chaque course ou presque il y’a un monde.

Et c’est à peu près la même chose sur les équipes en charge de la stratégie, des réglages, des ingénieurs en communication permanente avec les pilotes, etc…

Mais alors, qu’est-ce que t’as fait ?

Et bien j’ai pris les chiffres à disposition (les qualifications, les courses, les meilleurs tours en courses, les chronos associés et pleins d’autres trucs), je les ai mis dans un grand (et pas très beau) tableau et j’ai passé un bon paquet d’heures à trouver les bonnes formules pour leur faire dire ce que je voulais leur faire dire.

La première grosse difficulté a été de leur donner une base commune, avec les circuits qui changent, les conditions, les temps au tour etc… il n’y a qu’une solution viable pour que les données soient lisibles, c’est la base 100.

Pour aller au plus simple, la meilleure voiture ou la meilleure équipe (selon les données sélectionnées) à chaque course a une « note » de 100/100. Les autres sont ensuite classés derrière.

Les données, les données, les données !

Et nous y voilà donc ! Ces fameuses données, présentées sous la forme d’un beau (vous me direz si vous êtes de cet avis) graphique.

PIX – voiture

On commence avec le PIX (pour Performance IndeX) de la voiture. C’est calculé pendant les qualifications, sur le meilleur tour par écurie, et ça reflète donc à très peu de choses près (un Mazepin qui bloque un pilote, un Hamilton avec une dose de chance supplémentaire ou un Vettel avec un coup de pas de bol) la VRAIE performance de la voiture, puisqu’elles sont toutes poussées au maximum de leurs capacités, toutes avec les mêmes pneus (sur le meilleur temps des qualifications en tout cas, à moins d’une erreur stratégique elles sont toutes en tendre), et toutes avec très peu de carburant.

C’est donc le PIX qui se rapproche le plus des graphiques qu’on trouve dans les jeux F1.

Et puisque c’est une base 100, il convient de faire un petit débrief sur le Round 2, à Imola, où il semble que toutes les voitures ont progressé (sauf RedBull et Alfa Romeo). C’est « juste » que la RedBull fonctionnait franchement moins bien à Imola qu’à Bahrein. En gros. Pour maxi-simplifier.

Là où c’est intéressant aussi, c’est ce qui s’est passé entre Imola et Portimao, Mercedes conserve sa « note » de 100/100, et tous (sauf Alpine et Alfa Romeo) régressent. Ce qui veut dire que Mercedes a énormément fait évoluer la voiture et/ou que la piste se prête excessivement mieux à la Mercedes qu’Imola. Concrètement, ça veut dire que Mercedes a apporté pleins de modifications, et qu’Alpine a réparé sa soufflerie et amené des améliorations.

Ce qui s’est passé entre les manches 3 et 4, donc entre Portimao et Barcelone, c’est que si Mercedes domine toujours, RedBull a énormément progressé, ils ne sont pas encore sur la voiture de 2022, clairement ! Et Mercedes non plus puisque TOUTES les autres écuries (à un détail près, j’y reviens vite) ont régressé, donc l’écart se creuse.

Petit point de détail : si Alfa Romeo a été inexplicablement en PLS pendant les qualifications en Espagne, on peut aussi voir que seules deux écuries progressent légèrement (je rappelle, vu qu’il s’agit d’une base 100 toujours : en réalité ils ont juste un peu plus progressé que Mercedes, ce qui est en soi un exploit) : Ferrari et Haas. Donc soit Mick comprend de mieux en mieux la voiture, soit (et c’est mon hypothèse préférée) Ferrari a apporté une amélioration à leur moteur (puisque Ferrari motorise bien sur Ferrari, mais aussi Alfa Romeo et… Haas).

Pour finir, ça reflète bien la tendance qui se dégage : 5 petits groupes qui devraient lutter entre eux (dont Haas avec eux-mêmes… et Alpine avec Ferrari et McLaren !).

PIX en course

PIX – course

Et là, BOUM, plus rien ne va.

Le « PIX – course », c’est simple : c’est basé sur la course en elle-même et dans son intégralité, et sur les deux pilotes de chaque écurie. Qui abandonne, qui a une meilleure stratégie, de meilleurs arrêts, qui évolue le mieux dans le trafic etc…

Les abandons sont vraiment flagrants, notamment en Italie où on se rappelle qu’aucune des deux Williams ne termine, Mazepin abandonne aussi, et Bottas également. Ce sont les trois seuls pics descendants, ce qui indique que RedBull (en course, j’insiste) n’était pas au niveau de Mercedes à Bahrein.

Je trouve ce graphique un peu moins intéressant, mais il permet d’expliquer le « PIX – équipe » qui arrive. Et il permet aussi de voir que RedBull se rapproche de Mercedes, et que cette bataille commence à creuser un sacré écart dans le peloton, sauf chez Ferrari, Haas et Williams qui progressent légèrement. Bref, à vue de nez, une seule tendance se dégage pour l’instant (en dehors du combat des titans) : Alpha Tauri, Alpine et Aston Martin sont à la rue en course, et Williams se rapproche dangereusement d’eux.

PIX par équipe !

PIX – équipe

Là, on peut parler !

Qu’est-ce que ça prend en compte ? Tout. Absolument tout, sauf les essais libres. Les chronos, les positions, les deux pilotes, les stratégies, la performance pure de la voiture, TOUT ! C’est donc la performance de l’équipe sur un week-end qui est évaluée ici.

C’est comme ça qu’on peur confirmer qu’en dépit d’avoir une voiture un poil plus performante que la RedBull, et bien Mercedes a complètement raté son week-end de course à Imola (et je rappelle à nouveau la base 100, TOUTES les équipes n’ont pas été plus performantes qu’à Bahrein, mais TOUTES les équipes ont été plus proches de celle qui a 100/100).

Toutes ces courbes nous confirment aussi une chose : c’est que Mercedes est revenu plus performant que jamais au Portugal, que RedBull continue de progresser avec une manche de retard sur Mercedes, qu’Alpha Tauri stagne dans le fond du panier et que seul Alpine régresse sur la globalité du week-end. Ils ont l’une des voitures les plus performantes, mais rien ne va. Je répète ma pique faite sur mon POV dernièrement : heureusement que Renault ne gagnait pas à cause de Cyril Abiteboul (qui s’est fait virer est parti de la structure)…

C’est tout pour aujourd’hui

Si vous avez des questions n’hésitez pas à me contacter sur Facebook ou Instagram, en écrivant je me suis demandé si au lieu d’utiliser une base 100 fluctuante je n’essaierai pas en fixant Mercedes à 100 points possibles sur 100, ce qui ne devrait pas changer grand-chose, à voir.

Dans tous les cas, si vous êtes arrivés jusqu’ici alors merci et à très vite après (et avant aussi ?) Monaco pour faire le point !